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Fiche de connaissances

L'ours noir, résident abondant au parc national des Grands-Jardins

L'ours noir, Ursus americanus, ne vit qu'en Amérique du Nord. Sa population de quelque 800 000 individus se répartit entre les montagnes du Mexique et l'Alaska. L'ours noir est présent dans presque tout le Québec, où l'on estime sa population à environ 70 000 individus. Des évaluations suggèrent une densité d'environ 2,2 ours par 10 km2 pour la zone de chasse et pêche numéro 27, un secteur de 21 000 km2 entre Portneuf et Baie-Sainte-Catherine, qui inclut le parc national des Grands-Jardins. Il s'agit d'une des concentrations les plus élevées au Québec.

Une conjoncture attirante

Ours femelle et ses petits dans une forêt en régénération, après un incendie

L'ours noir est omnivore, mais l'essentiel de son alimentation est composé de végétaux. Certaines particularités du parc national des Grands-Jardins et des forêts environnantes en favorisent la présence, comme les feux de forêt et les coupes forestières. Au cours des seules années 1990, environ 30 % de la superficie du parc a été brûlée et est en voie de se régénérer. La coupe forestière est pratiquée sur certains territoires entourant le parc, comme la réserve faunique des Laurentides, les ZECs (zones d'exploitation contrôlée) ou les territoires privés. Ces milieux nouvellement ouverts par les incendies ou la coupe de bois sont très ensoleillés, ce qui favorise la repousse de plantes et d'arbustes produisant des petits fruits. Les plants de bleuets, les framboisiers, les amélanchiers produisent des baies prisées par des animaux comme l'ours noir, qui viennent nombreux se nourrir dans ces jeunes forêts.

L'utilisation de milieux comme les sites de coupes forestières aurait toutefois ses limites. En effet, selon certaines études, il semble que l'ours noir ne s'aventure pas très loin du couvert forestier et qu'il préfère s'alimenter dans les 60 à 100 premiers mètres depuis la bordure forestière. On peut se demander si, à la longue, cette situation pourrait avoir des conséquences négatives sur lui. Si la forêt résiduelle après coupe n'est plus suffisamment grande pour qu'il se sente en sécurité, aura-t-il tendance à déserter ces territoires trop déboisés?

Les parcs et réserves, des refuges intéressants

L'abondance de l'ours noir dans les aires protégées, comme le parc national des Grand-Jardins, viendrait aussi du fait qu'il y trouve un refuge, la chasse n'y étant pas autorisée. Selon Hélène Jolicoeur, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, les densités pourraient être près de deux fois plus élevées dans les parcs et les réserves fauniques, là où la récolte est interdite ou plus restreinte.

Proies faciles

Les ours noirs ne sont pas les seuls animaux à fréquenter les jeunes forêts en régénération à la suite d'incendies ou de coupes forestières. Les orignaux et les caribous profitent aussi de ces milieux riches en jeunes pousses tendres. La présence de ces cervidés offre à l'ours noir des possibilités élevées de rencontres avec des faons, proies faciles et énergétiquement très rentables. Puisque l'ours noir utilise son territoire de manière active, en se déplaçant beaucoup à la recherche de nourriture, ses chances de croiser un cervidé sont élevées.

Notons que, depuis quelques années, le caribou forestier semble utiliser de plus en plus les sites de coupes forestières, ce qui augmente les probabilités de rencontre avec l'ours, devenu, avec le loup, l'un de ses principaux prédateurs.