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Fiche de connaissances

La bataille de la Jacques-Cartier

Déjà au début des années 1970, l’accroissement de nos besoins énergétiques préoccupe les instances gouvernementales de la province. En 1972, Hydro-Québec annonce le projet Champigny, qui vise à harnacher la rivière Jacques-Cartier par la construction d’une centrale à réserve pompée. Ce projet doit submerger une grande partie de la vallée, soit une trentaine de kilomètres de long. Les environnementalistes y voient la perte d’une des plus belles rivières du Québec.

La bataille de la Jacques-Cartier débute à l’été 1972, à la suite de l’annonce faite par Hydro-Québec. Des gens du milieu se soulèvent et forment le Comité pour la conservation de la Jacques-Cartier (CCJC) afin de s’opposer vivement au projet Champigny. En quelques semaines, la pétition demandant l’arrêt des travaux et le départ d’Hydro-Québec de la vallée recueille plus de 20 000 noms. Le CCJC multiplie les efforts afin de sensibiliser et mobiliser le plus grand nombre de citoyens possible. On distribue macarons, dépliants et autocollants. Des lettres sont envoyées au président d’Hydro-Québec et à différents ministres. On obtient aussi l’appui d’une cinquantaine d’organismes, dont celui de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec. Pendant un peu plus de deux ans, le CCJC fait la manchette de plusieurs journaux.

Ces actions porteront leurs fruits et conduiront à l’abandon du projet. En effet, une commission parlementaire permet aux intéressés de faire valoir leur point de vue en mai 1973. Hydro-Québec présente son projet de centrale électrique avec l’ajout d’équipements de récréation autour du réservoir d’eau, mais ne réussit pas à convaincre de sa nécessité. Par contre, une quinzaine d’organismes reconnaissent presque à l’unanimité que la vallée de la Jacques-Cartier est un lieu unique qui se doit d’être préservé dans son intégrité et de façon permanente, en plus d’être mis en valeur au bénéfice de la collectivité.

Après les travaux de la commission parlementaire, une politique des parcs au Québec est élaborée. En novembre 1977, la Loi sur les parcs est sanctionnée et permet d’affecter des territoires québécois d’intérêt à des fins de conservation. En 1981, grâce à cette loi et après des audiences publiques, le parc des Laurentides est subdivisé en trois entités : le parc national de la Jacques-Cartier (secteur visé par le projet Champigny), le parc national des Grands-Jardins et la réserve faunique des Laurentides.

Avec le recul, nous savons maintenant que l’opposition du Comité de conservation de la Jacques-Cartier au projet Champigny constitue un événement historique. En effet, pour la première fois au Québec, une bataille écologique réussit à porter à l’attention de la population et des hommes politiques le problème de la conservation et de l’intégrité des écosystèmes québécois.

Pour connaître l’offre d’activités et de services offerte par le parc national de Jacques-Cartier, visitez le site Web du parc..