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Fiche de connaissances

Le cerf de Virginie dans ses quartiers d’hiver

L’hiver est une saison critique pour le cerf de Virginie. Il doit dépenser beaucoup d’énergie pour se déplacer dans la neige et lutter contre le froid intense. Ses sabots étroits s’enfoncent et ses pattes courtes rendent les déplacements exigeants lorsque la neige atteint plus d’un demi-mètre d’épaisseur. Après quelques bordées, l’animal peut difficilement s’aventurer dans la neige profonde pour chercher sa nourriture ou pour fuir ses prédateurs.

Cerf de VirginieSavoir combler les besoins vitaux

Le cerf de Virginie choisit donc d’instinct un lieu d’hivernage pouvant lui offrir abris et sources de nourriture. Il se déplace entre aires de repos et d’alimentation en empruntant les mêmes pistes qui finissent par devenir des sentiers battus.

Les boisés de conifères, les peuplements mélangés à dominance de résineux comptent parmi les meilleurs abris. Ces peuplements forestiers assez denses réduisent l’accumulation de neige au sol et limitent l’effet du refroidissement par le vent. Ces caractéristiques permettent au cerf de ménager ses réserves énergétiques vitales.

Les prucheraies et les cédrières offrent les meilleurs abris en raison de la structure des rameaux qui permet de mieux retenir la neige, limitant son accumulation au sol. Les pessières et les sapinières constituent aussi de bons abris. Les pinèdes à pin blanc ou à pin rouge sont moins adéquates. Les aiguilles des pins ne retiennent pas la neige autant que le font les autres types de conifères. La mobilité du cerf s’en trouve affectée.

Certains peuplements mélangés ayant une dominance de résineux offrent à la fois des aires d’abris et d’alimentation. Un sous-étage arbustif bien développé et un couvert résineux relativement dense doivent coexister pour constituer un lieu attrayant.

Les aires d’alimentation correspondent aux secteurs où se concentre une variété d’arbres et d’arbustes dont les jeunes branches et ramilles se trouvent à moins de 2 m du sol. Un cerf de poids moyen aurait besoin d’environ 1 kg de ramilles par jour. L’érable à épis, le noisetier à long bec, la pruche du Canada, le thuya occidental, le sapin baumier, l’érable rouge et l’érable à sucre comptent parmi les principales essences qu’il consomme.

Un véritable labyrinthe de pistes

Les cerfs se rassemblent durant l’hiver et créent d’importants réseaux de pistes dans la neige. Un secteur où s’observe une circulation intense s’appelle un « ravage ». Ce terme fait référence aux quartiers d’hiver des cervidés (cerf de Virginie, orignal, caribou). Il évoque les dommages causés à la végétation par leur broutement intense.

Dans les érablières et autres peuplements feuillus matures, les conditions de déplacement sont plus difficiles et les sources de nourriture apparaissent plus rares. Par conséquent, les cerfs utilisent peu ces milieux.

Ainsi, les ravages doivent toujours se composer d’un amalgame de forêts offrant des abris et de la nourriture. Leur taille peut varier de quelques hectares à quelques centaines de kilomètres carrés.

Des « exclos » pour étudier… la végétation !

Un exclosDans la région du parc national de la Yamaska, la densité de cerfs est évaluée à 6 cerfs/km² d’habitat. Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, en partenariat avec la direction du parc, étudie actuellement l’impact du broutage intensif sur la biodiversité forestière. Pour ce faire, on utilise des exclos. Deux parcelles clôturées de 25 m² chacune empêchent les cerfs d’accéder aux ressources végétales sises à l’intérieur. Des mesures de la croissance des végétaux sont réalisées durant la saison à l’intérieur des exclos et sur des sites adjacents qui demeurent accessibles aux cerfs. La reprise végétale est très lente et l’étude devra se poursuivre encore durant quelques années avant de pouvoir être concluante.

Prière de ne pas déranger

Les ravages sont des milieux fragiles où les cerfs sont très vulnérables. Le randonneur doit éviter tout dérangement et profiter d’observations fortuites et distantes pour ne pas causer un stress inutile à l’animal qui vit sa période annuelle la plus critique.