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Fiche de connaissances

Observer les animaux l’hiver

Renard roux

Chercher de la nourriture est la principale activité à laquelle s’adonnent la plupart des animaux durant la saison froide. Dans les forêts du parc national de la Yamaska, les signes de cette quête vitale abondent. Les randonneurs peuvent traverser différents habitats et découvrir les traces que ces animaux laissent dans la neige.

Des labyrinthes de pistes

Entre les jeunes peuplements, les forêts mixtes et les boisés de conifères, le cerf de Virginie trace un réseau de sentiers qui fait le lien entre ses aires de repos et ses aires d’alimentation. Dans la neige profonde, les cerfs utilisent toujours les mêmes sentiers, ce qui facilite leurs déplacements. Un secteur où s’observe une circulation intense de cerfs s’appelle un « ravage ».

De laÉcureuil roux même manière, le lièvre d’Amérique utilise à répétition ses pistes qui finissent par devenir des sentiers de neige bien tassés. Les petites boules fibreuses qu’il excrète témoignent de son récent passage. Chaque bordée de neige lui permet d’atteindre de nouvelles branches à brouter.

L’écureuil roux est tout aussi exubérant l’hiver que l’été. Il suffit de pénétrer son domaine coniférien pour le voir s’agiter en poussant ses cris d’alarme. Sur ce territoire, il laisse dans la neige des amas de cônes décortiqués et un réseau de pistes entrecoupées.

La souris gelée

Souris sylvestre geléeLes petits mammifères tels que la souris, la musaraigne et le campagnol sont actifs à l’année. Ils circulent généralement sous la neige, mais font à l’occasion de courtes escapades en surface. Les empreintes qu’ils laissent prennent alors la forme de minuscules tranchées linéaires. Seule la souris laisse la trace distinctive de sa longue queue entre les empreintes de ses pattes. Essentiels dans les écosystèmes, ces petits mammifères sont les proies de nombreux autres animaux.

Une souris sylvestre gelée, accrochée à une branche… C’est le territoire de chasse d’une chouette rayée ou d’une petite nyctale qui dissémine ses proies en prévision d’un bon repas.

Le porc-épic et le chat noir...

L’érablière mature réserve des surprises. L’absence de feuilles dans les arbres offre une perspective nouvelle. Les immenses troncs fourchus exhibent des cavités naturelles qui sont autant d’abris potentiels pour le porc-épic d’Amérique et son principal prédateur, le pékan.

PékanLa présence de larges plaques claires sur le tronc lisse des érables à sucre suggère qu’un porc-épic d’Amérique a pu y gruger l’écorce interne. Un réseau de traces profondément imprimées dans la neige, au pied des arbres, confirme les doutes. Son corps bas sur pattes et son armure de piquants dégagent dans la neige une tranchée large de 20 cm qui se termine souvent au pied d’un arbre creux dans lequel il trouve refuge. Un amoncellement de crottins, expulsé de l’arbre, trahit sa présence.

Habile grimpeur, le prédateur ne doit pas être bien loin de sa proie. En examinant à distance l’ouverture des cavités creuses le long des troncs d’arbres colossaux, un faciès inusité, celui d’un pékan, peut être aperçu. Très discret et difficile à observer, le pékan, qui signifierait « chat noir » en algonquien, laisse peu d’indices de ses activités.

Le peuple ailé

Ce ne sont pas tous les oiseaux qui migrent à l’automne vers des cieux plus cléments. Au parc national de la Yamaska, près d’une trentaine d’espèces sont présentes tout au cours de l’hiver.

Les mésanges, sittelles et grimpereaux s’activent dans une variété d’habitats. Véritables saltimbanques des bois, ils sont bien connus pour leur agilité acrobatique. Ils virevoltent au bout des branches et le long des troncs.

Le tambourinage des pics sur les chicots vient interrompre la quiétude du vent dans les arbres, alors que l’envolée foudroyante d’une gélinotte huppée fait toujours l’effet d’une belle frousse. Grand corbeau, geai bleu, chardonneret jaune, plectrophane des neiges, bec-croisé bifascié, junco ardoisé, tarin des pins et roitelet à couronne dorée comptent parmi les autres membres de cette gent ailée.

Survivre…

L’hiver est une saison bien vivante, mais les animaux se doivent toutefois de ménager leur dépense énergétique. Le randonneur doit profiter des observations fortuites que la nature lui offre plutôt que de tenter de s’approcher des animaux et de les déranger inutilement. Ceux-ci doivent consacrer toutes leurs ressources à survivre aux rigueurs de cette froide saison.