Prodigieuses libellules
Des ailes membraneuses finement nervurées, des coloris éclatants, des comportements subtils et, plus que tout, des habiletés aériennes remarquables, libellules et demoiselles forment un groupe animal à part, qui demeure facile à observer. Le territoire du parc a déjà fait l’objet d’un ambitieux travail d’inventaire de ces insectes, regroupés sous le vocable d’odonates. Les résultats obtenus ont été des plus impressionnants.
Petit territoire, grande richesse
L’étude a permis de recenser 67 espèces d’odonates : 39 espèces de libellules (anisoptères) et 28 espèces de demoiselles (zygoptères), réparties au sein de 8 grandes familles. Des résultats remarquables considérant l’étendue territoriale du parc.
Le Québec compte au total 140 espèces d’odonates, regroupées dans 9 familles. Parmi les 67 espèces observées au parc, plusieurs sont reconnues pour avoir été peu récoltées à l’échelle de la province. C’est le cas de l’agrion civil, du gomphe fourchu, de la cordulie ténébreuse, du cordulégastre oblique, de la pantale bimaculée et de l’érythème des étangs.
Méconnus, les odonates tiennent une place importante dans les écosystèmes aquatiques. Redoutables prédateurs, aussi bien au stade de larve aquatique qu’au stade d’adulte aérien, ils contribuent au contrôle des populations de moustiques et autres petits insectes. Comme proies, ils constituent un maillon essentiel du réseau alimentaire de plusieurs espèces de poissons, d’amphibiens et d’oiseaux. Leur diversité est considérée comme un excellent indicateur de l’état de santé d’un milieu naturel.
Pour le simple plaisir d’observer
Évoquant l’imaginaire jusqu’à mériter la désignation anglaise de Dragonfly, les libellules ou « dragons volants » se distinguent aisément des demoiselles par un examen rapide de leur physionomie.
Grosses et robustes, les libellules, ou anisoptères, possèdent des ailes postérieures nettement plus larges à leur base que les ailes antérieures. Au repos, ces deux paires d’ailes se déploient bien étalées de chaque côté du corps de l’insecte. L’æschne domino, long de 8 cm, compte parmi les plus gros odonates observés au parc. De la mi-juin jusqu’au début d’octobre, il fréquente les plans d’eau et s’observe parfois en chasse dans les milieux ouverts et les champs. Mâle et femelle arborent des couleurs semblables, exhibant un patron de bandelettes bleues sur fond brun.
Chez les demoiselles, aussi appelées zygoptères, plus petites et délicates, les quatre ailes sont de forme identique, en position dressée au-dessus de leur corps. Un bel exemple, l’agrion vertical, long de 3 cm, représente une des espèces les plus communes au parc. Il s’active de la mi-mai jusqu’au début d’octobre dans une variété de milieux humides. Virevoltant près de la surface de l’eau, il ne s’éloigne jamais bien loin du rivage où, dans les hautes herbes, il se perche. Un coloris de vert et de noir, marqué d’une tache bleue au bout de l’abdomen, distingue le mâle de la femelle, plus terne, de couleur gris-bleuâtre.
Pour curieux...
Pour en savoir plus sur le monde des odonates, une causerie de fin de soirée intitulée « La vie fébrile des libellules » est offerte à certains moments durant la saison. Consultez la programmation des activités de découverte.