Un laboratoire naturel pour l’étude des algues bleu-vert
Les apports nutritifs qui résultent des activités humaines dans le bassin versant du réservoir Choinière sont la cause des proliférations d’algues bleu-vert. Le parc national de la Yamaska ne peut agir directement sur ces sources de pollution. Cependant, il entend contribuer au développement des connaissances et à l’identification de solutions possibles en encourageant les initiatives de recherche et les avancées scientifiques en ce domaine. Deux études portant sur ce sujet ont été réalisées jusqu’à maintenant au parc.
Étudier l’impact dans l’écosystème aquatique
Le Service de la conservation et de l’éducation du parc, conjointement avec l’équipe de Philippe Juneau, du département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), a mis en œuvre un ambitieux projet de recherche visant, de façon globale, à mesurer l’impact toxicologique des algues bleu-vert sur la faune aquatique du réservoir Choinière. Étalé sur 20 semaines consécutives, le projet a conduit en 2007 au prélèvement d’environ 250 échantillons d’eau et à la récolte de près de 200 poissons (perchaudes et achigans), de même que de plusieurs dizaines d’échantillons de gammares (un petit crustacé aquatique), des espèces représentant différents maillons de la chaîne alimentaire. Les échantillons ont été analysés pour y dénombrer les algues bleu-vert et pour déterminer les concentrations en microcystines - une cyanotoxine importante - dans l’eau, dans les poissons (chair et foie) et dans les microorganismes à la base de leur alimentation.
Étudier l’influence des facteurs environnementaux
Sous la direction de David Bird, une autre équipe de l’UQÀM a mené durant quelques années un projet de recherche dans cinq lacs, incluant le réservoir Choinière, du haut bassin de la rivière Yamaska. Ces derniers étaient tous touchés par des proliférations d’algues bleu-vert. L’étude visait à identifier les différentes composantes de la communauté d’algues bleu-vert présente et les changements qui l’affectent dans le temps.
Plusieurs paramètres physicochimiques ont été mesurés. Des échantillons d’eau brute ont été prélevés pour en mesurer les concentrations en nutriments et permettre un dénombrement au microscope optique des différents genres d’algues bleu-vert. Des extractions d’ADN ont été pratiquées et le matériel génétique unique aux algues bleu-vert a été isolé afin de permettre l’analyse des séquences associées aux différentes souches présentes.
Plusieurs facteurs, comme les concentrations dissoutes de nutriments, l’ensoleillement, les précipitations, les températures et les concentrations d’ions métalliques, sont susceptibles d’intervenir et d’évoluer tout au cours de la saison pour créer des conditions ambiantes qui favoriseront successivement différents groupes d’espèces d’algues bleu-vert. L’intérêt porté à la dynamique de ces populations de microorganismes s’inscrit dans le désir de saisir le contexte menant à la production de toxines pour ainsi mieux gérer le risque.