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Fiche de connaissances

Un bryozoaire « magnifique »

BryozoaireAu cœur de l’été, d’étranges masses gélatineuses brunes et informes peuvent être observées dans le réservoir Choinière. Elles sont ancrées aux plantes, branches, troncs et autres substrats submergés. S’agit-il d’un organisme du règne végétal ou animal? Fait surprenant, ces masses gélatineuses se nourrissent de minuscules petits organismes aquatiques. Il s’agit donc d’une forme de vie animale associée au groupe des bryozoaires.

La majorité des bryozoaires sont marins (environ 4 000 espèces dans le monde) sauf pour les espèces de l’ordre des Phylactolèmes (ou Lophopodes) qui sont exclusivement dulcicoles (vivent en eau douce). On dénombre une vingtaine de ces espèces en Amérique du Nord.

BryozoaireLe cas de Pectinatella magnifica

Au sein du réservoir Choinière, le bryozoaire magnifique, alias Pectinatella magnifica, semble être l’espèce commune. Il forme des colonies sphériques suffisamment grosses pour attirer l’attention. Le phénomène n’est pas unique. De telles colonies sont présentes dans bien d’autres lacs du Québec, dont les lacs Boivin et Waterloo dans le bassin de la rivière Yamaska Nord.

Gros plan sur les « peignes » tentaculaires

BryozoaireSous une lentille grossissante, on remarque de petits panaches rétractiles à la surface de la masse gélatineuse. Ce sont les différents individus de la colonie et on les appelle zoïdes. À plus fort grossissement encore, l’extrémité de ces petits zoïdes dévoile une couronne de tentacules en forme de « U ». Cette couronne est appelée lophophore et elle est typique des bryozoaires d’eau douce.

Le nom Pectinatella signifie « peigne » en latin et fait référence aux nombreux tentacules ciliés du lophophore. L’espèce sécrète une masse gélatineuse qui grossit à mesure que la taille de la colonie augmente par bourgeonnements successifs. À titre comparatif, les zoïdes des bryozoaires ressemblent aux polypes des coraux, mais là s’arrête l’analogie puisque ces animaux sessiles appartiennent à deux grands groupes d’animaux différents.

Un rôle écologique indéniable

Immergés dans un milieu stable, les zoïdes déploient leurs lophophores. Ceux-ci bougent au gré des courants et leur permettent de filtrer l’eau pour y trouver oxygène et nourriture. Ils constituent donc des prédateurs généralistes qui capturent indistinctement le plancton, soit des algues (desmides, diatomées), des microorganismes (rotifères) et pourquoi pas… des cyanobactéries! Faisant partie intégrante de l’écologie des lacs, ils sont à leur tour la proie d’autres animaux comme les vers plats, gastéropodes, larves d’insectes et autres invertébrés.

Fait intéressant : les colonies de zoïdes possèdent une certaine capacité à épurer les eaux, car ce sont des organismes « filtreurs ». Elles prospèrent dans des eaux chaudes (plus de 20 °C) et riches en nutriments. De plus, elles seraient intolérantes à la pollution. L’automne venu et à mesure que l’eau se refroidit, ces masses gélatineuses se désagrègent, puis disparaissent.