Mais où est donc passé
Savage Mills?
Une église, un cimetière, une route qui se perd dans l’eau… Voilà tout ce qui reste de la présence d’une petite communauté de pionniers qui vivait sur le territoire du parc à la fin du XIXe siècle. L’emplacement de ce hameau gît aujourd’hui sous les eaux du réservoir Choinière qui, il y a plus de 30 ans, était créé afin de suppléer à la demande en eau de la ville de Granby. La permanence de cet aménagement dissimule un chapitre inusité de l’histoire humaine du secteur, celui de colons anglophones venus défricher les « Cantons de l’Est ».
Au temps des townships
C’est le lieutenant John Savage fils (1770-1858) qui devient vers 1818 le premier colon à s’établir dans la partie nord du canton de Shefford, près de la rivière Yamaska Nord. Il y entreprend l’érection d’un barrage dans le but de constituer une réserve d’eau utilisable pour le fonctionnement d’un moulin à scie. Par cette initiative, J. Savage fils amorce le développement du hameau de North Shefford.
La prospérité d’une petite communauté
En 1831, son fils, Abraham Henry Savage (1806-1879), acquiert le moulin à scie. Il entreprend ensuite la construction d’un moulin à grain. Les productions de bois de charpente et de grains moulus sont modestes et axées sur le marché domestique. Toutefois, au début des années 1860, A. H. Savage amorce la construction de deux autres moulins à scie. Il forme en 1870, avec ses fils, la compagnie Savage and Sons. Les moulins se spécialisent et les produits manufacturés sont acheminés vers l’extérieur. C’est aussi à cette époque que l’on exploite le premier magasin général et que l’endroit se fait véritablement connaître sous le vocable de Savage Mills.
La fin d’une époque
La fébrile activité industrielle de Savage Mills est stimulée en 1879 par l’arrivée du chemin de fer South Easthern (dont la ligne constitue aujourd’hui la piste cyclable La Campagnarde). Toutefois, cette activité décline vers la fin du XIXe siècle. Le fonctionnement des moulins est limité par le faible pouvoir d’eau de la rivière Yamaska Nord. Complètement dépendantes de cette
forme d’énergie, les industries de Savage Mills commencent une phase de stagnation. Puis, brusquement, arrive un tragique événement : trois des quatre moulins sont détruits par un incendie.
Les moulins ne seront jamais reconstruits. Savage Mills connaît une lente désertion et disparaît au cours du XXe siècle sans avoir eu la chance de devenir un véritable établissement villageois.